Voici comment certaines églises à Delmas ont celebré les fêtes de fin année entravées par le climat d'insecurité

© Photo: Semence Média


Cette année, la célébration des fêtes de fin d'année dans les églises à Port-au-Prince s'est dévoilée un paysage en pleine transformation, influencé par divers facteurs tels que : l'ombre grandissante de l'insécurité, le poids du grand banditisme et la misère accrue. Voici comment la communauté ecclésiastique a pallié l’absence des grandes célébrations habituelles.


Les églises, considérées comme des piliers de la moralité se retrouvent plongées dans une atmosphère empreinte d'inquiétude en raison du climat de terreur qui reigne sur Port-au-Prince, freinant beaucoup d'initiatives spirituelles et traditionnelles propre aux célébrations des fêtes de fin d'année. La messe de minuit, célébration emblématique du réveillon du nouvel an chrétien ou les cœurs d'adoration qui résonnent des chants traditionnels pour rythmer les célébrations de fin d'année ont été éclipsés dans certaines églises des banlieux de la capitale, laissant place à une nouvelle réalité macabre, malgré quoi , les associations de jeunesse ont pu désinné l'espoir. 


Les associations de jeunesse, véritables chefs d'orchestre des évènements festifs dans les églises se voient confrontées à cette situation inédite; les attaques de gangs armés ont contraint certaines églises à rester closes, les rencontres de fin d'année organisées par les associations ont été reportées, créant frustration et stress chez les jeunes, qui ont tenté en dépit des circonstances de s'organiser une fin d'année adaptée au climat.



Une fête sans les habituels ornements

Si pour certains, les fêtes de fin d'année sont synonymes de partage et d'amour, pour d'autres, la décoration et le nettoyage des rues jouent un rôle central pour agrementer ce climat de partage. Cette année, plusieurs quartiers et institutions de la commune de Delmas, connus pour leurs initiatives de décoration, ont dû faire une pause. Soit le résultat d'une année instable et inquiétante pour la société en général. Le tableau est le même dans les communautés chrétiennes de delmas 24.

L'Église Baptiste de Delmas Béthel, connue pour ses décorations époustouflantes chaque fin d'année, a toujours été l'une des églises la mieux décorée à delmas 24, pourtant cette année, au vu de tous cette institution n'a pas pu répondre une fois de plus à ses habituels ornements de fort éclat. Face à ce nouveau tableau , les responsables disent vouloir miser sur la nouvelle année pour rehausser la barre, en esperant que les fêtes se dérouleront dans de bien meilleures conditions.



S'adapter au déclin des initiatives traditionnelles ?

Likenton Joseph, président de l'Association de Jeunesse de l'Église Baptiste de la Bible, raconte l'orsqu'il était enfant, en 2009, les fêtes de fin d'année ont toujours été un moment de réjouissance pour lui. Enfant, il ne se souciait pas de ce qu'il allait porter, de ce qu'il allait manger, ou de la possibilité de participer à des activités festives puisqu'il a toujours été invité à des fêtes et reçu des cadeaux de fin d'année. Il dit ne plus avoir ce sentiment depuis avant l'année 2015. Toutefois, son équipe et lui ont été déterminés à organiser leur gala traditionnel. Le président de jeunesse s'est vu contraint d'abandonner une telle initiative en raison de la précarité financière occasionnée par la situation socio-politique.

Ce jeune leader nous raconte qu'il est très sceptique à l'idée que nous puissions toujours avoir les mêmes ambiances de festivité qu' autrefois puisque le pays va mal, ce qui nous met à face à une responsablité « le sauver à tout prix » recommande-t-il.




Quelques Initiatives pour contourner les obstacles

Alors que certaines associations de jeunesse ont vu leurs projets de fin d'année mis en veille, d'autres ont décidé de créer leur propre espoir. Sophia Leandre, vice-présidente de l'Association de Jeunesse de l'Église de Jésus Christ pour l'Éternité Bien Heureuse (EJCEB) située à delmas 31, a affirmé qu'autrefois pour les fêtes de fin d'année, elle avait l'habitude de se rendre à sa ville natale pour fêter en famille, pourtant par rapport à cette nouvelle réalité imposer par le climat d'insecurité elle limite ses déplacemens. Il est quasi impossible pour cette dernière de se rendre en toute quiétude à sa ville natale, Jérémie. 

La vice-présidente nous a exposé les astuces de son association qui a tant bien que mal organisé une soirée de gala le 26 décembre 2023 dans un élan de solidarité et de convivialité malgré la panique de certains jeunes pour se rendre à Delmas 31 dans la soirée pour prendre part à cette soirée « réussie » a en croire les responsables.

L'Association de Jeunesse de l'Église Baptiste de Delmas Béthel, malgré la tension persistante dans la zone de Delmas 24 , a organisé un dîner de Noël avant la tombée de la nuit. Pourtant, cette dernière avait l'habitude d'organiser son gala pendant toute une nuit, en plus des excursions dans des lieux touristiques, retraite spirituelle entre autres. Contrairement aux années précédentes, et surtout avec le reigne de panique dans ce quartier voisin de solino qui se défend contre l'assaut de hommes armés paralysant ainsi la tenue des festivités dans leurs éclats habituels, l'association est incapable de réunir un grand nombre de jeunes et de les déplacer pour une quelconque activité hors de la ville ou du quartier, en raison des contraintes financières et des préoccupations sécuritaires.

Plusieurs associations dont l'Association Juvénile de l'Église Baptiste Bellevue Salem (AJEBBS) et l'Association Juvénile de l'Église de Dieu la Rédemption par la Foi (AJUEDREF) n'ont pas pu réunir la jeunesse de leur assemblée depuis septembre 2023 en raison des attaques dans les zones avoisinantes de Solino qui ont créés un vide dans leur programmation habituelle. Cependant, toutes ces églises ont quand même trouvé le moyen de conjurer les obstacles, même dans les zones à haut risque, afin d'organiser comme à la coutumé leur culte de fin d'année.




2023 a été une année de doute et de préoccupations entravant la tenue de festivités traditionnelles, certaines assemblées ont laissé entrevoir une lueur d'espoir en dépit des attaques armés contre plusieurs assemblées au cours de l'année. Les églises, les associations de jeunesse se sont efforcées de maintenir une flamme festive, signe de la résilience de la communauté chrétienne. À travers l'évolution de ces festoiements timides , s'est dessiné le portrait d'une société qui a refusé de se laisser définir par les circonstances, mais qui au contraire puise dans la préservation de ses valeurs et dans la vision optimiste d'un avenir empreint d'espoir, de paix et de renouveau.



©Rédaction: Ronaldson Blanfort  

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